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John Scofield, Uber­jam Deux

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Même s’il n’a jamais autant versé dans les zones dis­tor­dues du rock que ses frêres d’armes Mike Stern ou Robben Ford, John Scofield a connu des péri­odes plus élec­triques que d’autres. Avec « Uber­jam II », le gui­tariste met fin à quelques années de quiétude.

Si John Scofield fait par­tie des gui­taristes de jazz fusion les plus inven­tifs des années soixante-​dix et suiv­antes, Uber­jam (2002) est prob­a­ble­ment un de ses dis­ques les plus osés. Il est donc franche­ment ent­hou­si­as­mant de retrou­ver cette inten­tion dans un sec­ond volet, inti­t­ulé sim­ple­ment Uber­jam deux — comme ça per­sonne ne se perd en route — après plusieurs dis­ques qui mis­aient surtout sur l’élégance et la sobriété. S’agit-il de nou­veaux morceaux ? De trou­vailles faites durant la pre­mière ses­sion enfin achevées ? On penche plutôt pour l’option nº 1.

Car si on (re) decou­vre dans ce disque les musi­ciens qui avaient bril­la­ment tissé le pre­mier opus (Medeski,…), tout autant que le tra­vail sur le son («End­less sum­mer»), Sco› ne rompt pas totale­ment avec ce desir assumé de calmer le jeu. Le doigté et le phrasé sont tou­jours là, et la créa­tiv­ité n’est pas en reste, mais l’écrin qui porte le tout et en deça de la claque reçue il y a dix ans. Peut-​être juste­ment parce qu’il y a eu un vol­ume 1.

On attend encore un équiv­a­lent à «I Brake 4 Mon­ster Booty», épopée funk-​fusion qui s’offre la par­tic­i­pa­tion d’un rappeur. Pour­tant, aucun des titres n’est a nég­liger, on reste chez Sco› et, quoi qu’il arrive, il sera tou­jours au dessus du lot. De «Al Green Song», jazz gorgé de soul à «Torero» et son intro électro-​hispanisante, le gui­tariste sex­agé­naire mon­tre surtout qu’il n’a rien à envier à ses cadets ques­tion modernité.

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